Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/288

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fuser. En effet, les soldats n’essuyèrent ni cliâti- inens ni reproches; mais, au milieu de la nuit, le régiment reçut ordre de quitter riiolel et de re- tourner à la Fère. A cinq heures du matin, il ne restait plus personne : position fâcheuse des agens du despotisuie, ohiigés de laisser sans défense un de leurs arsenaux, dans la crainte de voir leurs soldats accroître la force de ce même peuple, contre lequel ils étaient soudoyés ! Les braves mais vieux militaires qui habitent cet hôtel, res- tèreiit donc seuls chargés de sa garde. IMais cjue pouvait ce simulacre de garnison, cette parade inutile, cette ombre de service militaire, contre nne multitude qui, quoique mal armée., était re- doutable j)ar sa fureur et par son impétuosité ? Cependant les Invalides parurent déterminés à cléfentlre leur hôtel, et cette disposition se mani- festait encore dans la matinée du mardi 1 4 juillet. Quelle que fût leur faiblesse, leur résistance as- sez inutile pouvait devenir funeste à leurs adver- saires ; et la décharge de douze pièces de canon, eùt-elle été unique, eût rendu cette matinée très- meurtrière. Parmi ces vieillards, il s’en trouvait phisieurs, étrangers aux opinions nouvelles, à la disposition générale des esprits, ne connaissant que le nom du roi, pour qui le mot nation était un mot vide de sens, et à cpii celui de peuple semblait une qualité plus injiu’ieuse qu’impo- sante ; et l’on pouvait tout craindre d’un seul acte de violence. On fit à peine ces réflexions. Déter-