Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/291

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GO OEUVRES

ailleurs, de toute violence étrangère à son objet. A voir cette fouie prodigieuse inonder les C(j(U’s et se répandre par-tout, il semblait qu’on fût ex- posé à une dévastation générale, et l’eifroi fut ex- trême. Aucun dégât ne fut commis dans cette vaste enceinte. Le peuple, qui avait respecté la fermeté de M. de Sombreuil dans ses premiers refus, étendit ce respect sur l’hospice confié à ses soins. A la vérité, quelques brigands qui s’étaient glissés dans cette foule pour profiter du désordre, cherchèrent à forcer la cave d’un particulier; mais, sur les premières plaintes qu’il en porta, un grand nombre de citoyens coururent au lieu dé- signé, se saisirent des coupables qui ne voulaient que s’enivrer, et posèrent à l’entrée de la cave une sentinelle, qui ne se retira qu’après tout le peuple, et lorsque tout ftit cahue dans l’hôtel. Qu’il nous soit permis de ne pas omettre un acte particulier de civisme et de courage, qui prouve en même temps qu’au milieu de ce tu- multip il n’arriva nul accident à aucun des habi- tans de l’hôtel. M. Sabatier, chirurgien -major depuis plus de trente ans, était sorti le matin pour visiter dans Paris les malades dont il a la confiance. Il apprend par la voix publique que l’hôtel est assiégé, et des récits exagérés lui pré- sentent le péril sous l’aspect le plus effrayant. Aussitôt il s’empresse d’y courir. On tâche de l’ar- rêter. «C’est mon poste, dit-il ; depuis trente ans je n’y ai fait c[ue mon devoir ; voilà la première