Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/300

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


DE CHAMFORT. 289

est en banqueroute et que la collusion est mani- feste.

Pendant ces débats, on forçait l’hôtel des In- valides ; ceux qui s’étaient emparés des canons les conduisaient à leurs districts, accusant M. de Flesselles de trahison. Le projet d’attaquer la Bastille, la fermentation qu’il excita, la nouvelle des canons de cette forteresse tournés contre la cajiitale, les arrêtés pour des députations au gou- verneur, l’impatience qu’elles parurent causer au prévôt des marchands, le premier coup de canon qui de ses remparts fut entendu à l’hôtel-de- ville, la nouvelle d’un massacre de citoyens entrés à la suite de la députation dans une des cours de la Bastille ; tous ces incidens produisaient une ex- plosion nouvelle, et hâtaient la funeste catas- trophe. L’attention- que le prévôt des marchands demandait pour un projet de catapulte dirigée contre la forteresse, pour celui d’une tranchée que proposait un militaire, fit dire à un des as- sistans:«ll veut gagner du temps pour nous faire perdre le nôtre. »Et un vieillard s’écria : « Que fai- sons-nous avec ces traîtres? courons à la Bastille.» Aussitôt tous les hommes armés sortent, et la salle où se tenait le comité devint déserte. Ce fut un instant de terreur. Le peuple accourt vers cette salle, il trouve la porte fermée ; il s’écrie qu’on le trahit; il force la porte, et oblige les membres à venir travailler dans la grande salle, en présence du public. IVL de Flesselles y passe comme les au- II. 19