Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/326

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Dr. CITAMFORT. 3r5

qu’il plairait aux miiiislros d’ordonner d’elle, eiitourée cependant de canons et de baïonnettes.

La postérité n’oubliera point cette soirée mé- morable, où, même après la piise de la Bastille, encore ignorée à Versailles, les députés d’une grande nation parlaient en supplians au despo- tisme déjà vaincu et pi’esque désarmé. INIais du moins ces supplians s’exprimaient en hommes près d’être libres et dignes de le devenir. Les liaranjzues des orateurs, sur la nécessité d’une non- veîle députation, portaieîil: le caractère d’une élo- quence fièie et hai’die, peu coimue en Fiance dans une assemblée d’états-généraux. Que faisaient cependant les ennemis de l’assemblée ou plutôt de la natit)n ? lis méditaient des violences forcenées ; ils s’occupaient des préparatifs du crime nouveau dont ils allaient enrichir l’histoire des cours. C’est ce que le premier orateur de l’assemblée (i) expri- mait énergi([uempnt le lendemain, en rassem- blai.! les traits du tableau que. ia députation devait offrir aîi roi.

« Dites-lui, s’écriait-il, que les hordes étrangères » dont nous sommes investis, ont reçu hier la vi- « site des princes, des princesses, des favoris, des » favorites, et leurs caresses, et leurs exhortations, •» et leurs présens : dites-lui que tous les satellites » étrangers, gorgés d’or et de vin, ont prédit, » dans leurs chants impies, l’asservissement de la

(i) Mirabeau.