Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/339

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3lS OEUVRES

tère. Leur recherche fut inutile, et ils ne trou- vèrent que des recluses occupées à prier Dieu pour le soutien de la religion, c’est-à-dire du clergé ; la gloire du roi, c’est-à-dire le succès des entreprises ministérielles ; et le triomphe de sa fidèle noblesse, c’est-à-dire la perpétuité des pri- vilèges féodaux et l’éternité de l’oppression du peuple. Ce sont là les vœux qui s’élevaient au ciel du fond de ces âmes simples et pures pour la plupart, mais dénaturées par tous les préjugés de la superstition, de l’ignorance et de l’or- gueil.

Tandis que la capitale oflrait ce spectacle si nouveau d’un ordre naissant au sein du désordre, de la subordination volontaire ou commandée au milieu des ruines de l’insurrection, du vœu presque unanime pour le bien général au milieu de tous les maux, on apprit la nouvelle ou on reçut la confirmation d’un événement qui, sans pouvoir rétablir subitement le calme, fit succéder la joie et l’espérance aux alarmes, aux angoisses, à toutes les passions douloureuses. On sut que, dans la matinée du mercredi i5, le roi, sans autre cortège que celui de ses deux frères, s’était transporté à l’assemblée nationale, qu’il s’était uni aux représenîans de son peuple, qu’il avait ordonné le renvoi des troupes, que quelques- uns de ses ministres s’étaient retirés, et qu’on ne doutait point du renvoi ou de la démission des autres. Enfin on ajoutait qu’il se transporte-