Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/360

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prince qui tirait arbitrairement vengeance d’une insulte qu’il pouvait si aisément faire châtier par la loi ?

Qu’il nous soit permis, après le récit de ces scènes d’horreur, de n’accorder qu’un regard à la plus révoltante, à celle qui a laissé les plus affreux souvenirs. La mort de Berthier offre des atrocités qui repoussent le burin de l’artiste et la plume de l’historien ; et plût au ciel que toute plume se fût interdit d’écrire ces abominables détails ! Quelle que soit la vie de Berthier trop semblable à Foulon, de quelque ardeur qu’il ait secondé les projets du ministère contre Paris, par les distri- butions de poudre, de cartouches, de balles, par la coupe prématurée des blés, par la liste des ci- toyens destinés au glaive, malgré ses malversa- tions de tout genre dévoilées par la commune depuis la révolution, Berthier paraît innocent, dès que l’on songe au monstre qui put lui arracher le cœur, et le présenter tout sanglant aux yeux d’une grande assemblée. En vain assure-t-on que Berthier avait fait périr le père de ce monstre. La nature frémit d’être ainsi vengée ; et la patrie s’afflige qu’une telle vengeance ait pu être exercée par un scélérat revêtu d’iui habit français. Ces lâches barbaries consternèrent d’abord tous les amis de la révolution, et firent mettre en doute si les Français méritaient d’être libres. Les ennemis de la liberté en tirèrent avantage ; et dès Ivi lende- main ceux d’entre eux qui, sous le voile du patiio-