Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/366

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DE CHAMFORT. 355

torieux. Il étallit que la révolution française, pour être crue de ia pliilosophie, n’en est pas moins ordonnée dans la religion et dans les plans de la providence. Il ose rendre à cette philoso- phie, si calomniée jusqu’alors, l’hommage qui lui est dû. « 11 faut le dire, et très-haut, et jus- » ques dans les temples : c’est la philosophie qui « a ressuscité la nature ; c’est elle qui a recréé l’es- » prit humain et redonné un cœur à la société. » L’humanité était morte par la servitude ; elle » s’est ranimée par la pensée. Elle a cherché en » elle-même, elle y a trouvé la liberté. Philoso- » plies, vous avez pensé ; nous vous rendons » grâces. Représentans de la patrie, vous avez » élevé nos courages : nous vous bénissons. Ci- » toyens de Paris, mes généreux frères, vous avez » levé l’étendard de la liberté ; gloire à vous ! Et » vous, intrépides victimes qui vous êtes dévouées » pour le bonheur de la patrie, ah! recueillez » dans les cieux, avec nos larmes de reconnais- » sauce, la joie de votre victoire ! »

Ce n’est pas le seul endroit du discours où l’o- rateur, enflammé de son enthousiasme pour la liberté, paraît porter envie aux victimes qu’il cél( bre. On voit qu’il serait tenté de dire, comme Périclès dans une occasion presque semblable, aux veuves et aux en fans des morts : « Je voudrais » vous consoler, mais je ne puis vous plaindre.» Paroles sublimes dont le senîimeat éiait dans l’ame du prédicateur français, sans être exprimé