Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/370

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DK rHVMFORT. Sf)

deux Belle-Islo, qni font violence à la faiblesse d’iiii vieux nnnistre et à la jeunesse d’un roi sans volonté, ne pouvait intéresser la nation. Quel titre avaii’ut à la reconnaissance publique ceux qui mouraient j)our servir une pareille cause ? Qi’y avait-il dans cette guerre, évidemment in- juste, qui pût intéresser les Français au sort des victimes d’un caprice ministériel? Lui-même voyait dans la cajMtale des bommes qui formaient hautement des vœux pour le succès des armes de la reine de Hongrie ; protestation solennelle contre les fartes d’un gouvernement égaré. Ah ! le peuple n’est point ingvat;etsa froideur sur de certains services qu’on prétend quelquefois lui avoir rendus, naît pour l’ordinaire d’un sentiment peu développé, mais juste, qui lui apprend qu’on ne Ta pas en effet servi. A t-il été froid sur le sort des vainqueurs de la bastille et dans le triomphe de l’orateur qui les a célébrés ? A-t-il été froid et in- différent, dans tout le cours de la révolution, pour ceux qui se sont montrés constamment ses amis ? Et s’il s’est détaché enfin de quelques idoles qu’il avait troj) légèrement affectionnées, combien de tenjps n’a-t-il pas fallu pour le détromper, pour dissiper une illusion chérie et renverser l’autel sapé par ceux même auxquels il l’axait impru- demment érigé!

Les honnvmrs rendus dans un district à la mé- moire des citoyens tiiés à la Bastille, se renou- velèrent dans un grand nouribre d’églises de la