Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/374

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


DF rTTAMFOÏlT, 363

mande ceux à qui la garde des munitions de l’ar- senal est confiée. Ils montrent leur ordre, et cet ordre est sifné de lu Sulle pour le marquis de la Favette. Aussitôt M. de la Salle est un traître. On court en Coule à la Grève, «on demande sa tète; on prépare le fafal réverbère. Heureusement M. de la Salie n’était point à l’hotel-de-ville. Il s’y ren- dait dans sa voiture, lorsque, retardé dans sa route par la multitude qui remplissait la rue, il demande q’iel était le s;ijet-de ce tumulte. On lui dit, sans le connaître, qu’un en veut à un traître, au marquis de la Salle. 11 dissimule sa surprise et sa craiate, descend de sa voilure et va chercher un asile chez un ami.

Cependant le peuple parcourt tous les apnar- temens de l’hôtel-de-ville, enfonce toutes les por- tes, visite les coins les plus obscurs, et cherche même sous la cloche de l’horloge. En vain leur attestait-on l’innocence de M. de la Salle ; en vain leur expliquait-on cet ordre et la cause de cet ordre, que cette pondre était d’une qualité infé- rieure, qu’on l’échangeait contre une poudre d’une meilleure espèce attendue d’Essone, que cette mauvaise qualité de poudre, appelée poudre de traite (i) Poudre de traître s’écrient quel- ques forcenés ; et cette cruelle plaisanterie, en cir-

(i) Ou appelle pourlre de traite une espèce de poudre particu- lière qui n’a presque point de portée, et qu’on réserve pour le com- merce de la côte de Guinée, pour la traite des nègres.