Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/422

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DF. CIIAMFORT. /| l F

uiivril volontairement ses portes a la puissance des ISormands et prêta serment de fidélité à Ro- ger II, premier roi de Sicile. C’était la destinée de Naples de prévenir les violences en se donnant au plus fort, conduite qu’elle avait autrefois tenue à regard des Romains. Les Napolitains acceptèrent le fils de Roger, avec le titre de duc, pour les gouverner selon leurs lois.

jVIais la Sicile eut bientôt à regretter la domina- tion des Sarrasins et celle des autres barbares qui l’avaient gouvernée. Des favoris cruels, des eu- nuques insolens jettèrent les Siciliens dans un dés- espoir inutile qui n’enfanta que des révoltes et des conjurations impuissantes. Guillaume, sur- nommé le Mauvais, fils et successeur de Roger ii, régnait alors. Il mourut. Pour le peindre, il suffit d’observer qu’on n’osa même graver une inscrip- tion sur son tombeau.

La Sicile respira quelque temps sous Guil- laume-le-Bon ; mais une faute de ce monarque fut pour elle une source de malheurs. Quelle impru- dence d’appeler la maison de Souabe en Sicile ! Il pouvait transmettre sa couronne à Tancrède, dernier rejeton du sang de Hauteville ; et il marie nne princesse de trente-six ans, dernière héritière du royaume, à Henri vi, roi des Romains, fils du célèbre Barberousse : c’était détruire l’équilibre que la maison normande avait intérêt de mainte- nir entre les empereurs et les papes. Cependant, dans l’absence de Henri et de son épouse, Tan-