Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/440

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Naples, pendant que son prince languit dans les fers, reste abandonnée à l’autorité de Robert, comte d’Artois, et du cardinal de Sainte-Sabine. Charles d’Anjou, emportant au tombeau la douleur de laisser son unique héritier entre les mains de ses ennemis, crut devoir les nommer régens par son testament.

Pierre d’Aragon ne jouit pas long-temps de ses triomphes et de sa nouvelle couronne. Se sentant proche de sa fin, il voulut assurer à ses fils la possession de la Sicile. Le pape Honorius refuse aux ambassadeurs de ce prince l’investiture de son héritage, et répond par une excommunication à la demande légitime du nouveau roi.

Les régens napolitains appuyaient de leurs armes impuissantes la haine ambitieuse du pontife, qui se flattait de l’autoriser bientôt par l’aveu et par le nom de Charles II d’Anjou, que l’entremise d’Edouard Ier, roi d’Angleterre, venait de tirer de sa prison. Mais il apprend que Charles, par le traité, a reconnu Jacques, second fils de Pierre d’Aragon, pour roi de Sicile.

Le pape irrité renouvelle la guerre, force ce même Charles de réclamer la couronne de Sicile à laquelle il venait de renoncer par un traité solennel, excommunie Alphonse frère de Jacques, pour avoir trempé dans ce crime, et fait croire à tous les princes de l’Italie qu’il peut seul annuler un traité conclu entre deux rois, par l’entremise d’un souverain.