Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/60

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DE CHAMFORT. 49

croyez pas, dit le roi. » Et alors il répéta ce qu’a- vait dit le maréchal à la chasse. Madame Dubarri se mit en colère, et le maréchal lui répondit : « Madame, à la vérité, j’ai dit cela au roi ; mais c’était à propos des dames de Saint-Germain, et non pas de celles de Versailles. » Les dames de Saint-Germain étaient sa femme, madame de Tessé, madame de Duras, etc. Cette anecdote m’a été contée par le maréchal de Duras, té- moin oculaire.

— Le duc de Lauzun disait : « .l’ai souvent de vives disputes avec M. de Galonné ; mais, comme ni l’un ni l’autre nous n’avons de caractère, c’est à qui se dépéchera de céder ; et celui de nous deux qui trouve la plus jolie tournure pour battre en retraite, est celui qui se retire le premier, »

— Le roi Stanislas venait d’accorder des pen- sions à plusieurs ex-jésuites ; M. de Tressan lui dit : « Sire, votre majesté ne fera-t-elle rien pour la famille de Damiens, qui est dans la plus pro- fonde misère ? »

— Fontenelle, âgé de quatre-vingts ans, s’em- pressa de relever l’éventail d’une femme jeune et belle, mais mal élevée, qui reçut sa politesse dé- daigneusement. « Ah ! madame, lui dit-il, vous prodiguez bien vos rigueurs. »

— M. de Brissac, ivre de gentilhommerie, dé- signait souvent Dieu par cette phrase : Le gen- tilhomme d’en haut. »

— M.... disait que d’obliger, rendre service,

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