Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/72

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UE CH A M FORT. 6c

ami, pourquoi tout ce inonde dans ma chambre? Il ne devrait y avoir que toi ; ma maladie est contagieuse. »

— On demandait à Pehméja quelle était sa for- tune? — «Quinze cents livres de rente. — C’est bien peu. — Oh ! reprit Pehméja, Dubreuil est

riche. »

— Madame la comtesse de Tessé disait après la mort de M. Dubreuil : « Il était trop inflexible, trop inabordable aux présens, et j’avais un accès de lièvre toutes les fois que je songeais à lui en faire. — Et moi aussi, lui répondit madame de Champagne qui avait placé trente six mille livres sur sa tète ; voilà pourquoi j’ai mieux aimé me donner tout de suite une bonne maladie, que d’avoir tous ces petits accès de fièvre dont vous parlez. »

— L’abbé Maury, étant pauvre, avait enseigné le latin à un vieux conseiller de grand’ chambre, qui voulait entendre les Institutes de Justinien. Quelques années se passent, et il rencontre ce conseiller étonné de le voir dans une maison hon- nête. « Ah ! l’abbé, \ ous voilà, lui dit-il lestement? par quel hasard vous trouvez-vous dans cette maison-ci ? — Je m’y trouve comme vous vous y trouvez. — Oh ! ce n’est pas la même chose. Vous êtes donc mieux dans vos affaires ? Avez-vous fait quelque chose dans votre métier de prêtre ? — Je suis grand - vicaire de M. de Lombez. — Diable! c’est quelque chose : et combien cela vaut-il ?