Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/79

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GB OEUVRES

madame Dubarri, prit ailleurs une galanterie : il se crut perdu, s’iinaginant l’avoir donnée à la comtesse ; heureusement il n’en était rien. Pen- dant le traitement, qui lui paraissait très-long et qui l’obligeait à s’abstenir de madame Dubarri, il disait au médecin : « Ceci me perdra, si vous ne me dépêchez. » Ce médecin était M. Busson, qui l’avait guéri, en Bretagne, d’une maladie mortelle et dont les médecins avaient désespéré. Le sou- venir de ce mauvais service rendu à la province, avait fait ôter à M. Busson toutes ses places, après la ruine de M. d’Aiguillon. Celui-ci, devenu mi- nistre, fut très-long-temps sans rien faire pour M. Busson, qui, en voyant la manière dont le duc en usait avec Linguet, disait : « M. d’Aiguillon ne néglige rien, hors ceux qui lui ont sauvé l’honneur et la vie. »

— M. de Turenne, voyant un enfant passer derrière un cheval de façon à pouvoir être es- tropié par une ruade, l’appela et lui .dit : « Mon bel enfant, ne passez jamais derrière un cheval sans laisser entre lui et vous l’intervalle nécessaire pour que vous ne puissiez en être blessé. Je vous promets que cela ne vous fera pas faire ime demi- lieue de plus dans le cours de votre vie entière ; et souvenez-vous que c’est M. de Turenne qui vous l’a dit. »

— M. de Th..., pour exprimer l’insipidité des bergeries de M. de Florian, disait : « Je les aime- rais assez, s’il y mettait des loups. »