Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/78

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DE CHAMFORT. 67

le gouvernement de France était une monarchie absolue, tempérée par des chansons.

— L’abbé Deliiie, entrant dans le cabinet de M. Turgot, le vit lisant un maïuiscrit : c’était celui des Mois de M. Roucher. L’abbé Delille s’en douta, et dit en plaisantant : « Odeur de vers se sentait à la ronde. — Vous êtes trop parfumé, lui dit ]\L Turgot, pour sentir les odeurs, »

— M. de Fleuri, procureur-général, disait devant quelques gens de lettres : « Il n’y a que depuis ces derniers temps que j’entends parler du peuple dans les conversations où il s’agit du gouvernement. C’est un frnit de la philosophie nouvelle-. Est-ce que l’on ignqre que le tiers n’est quachejitice dans la constitution ? (Cela veut dire, en d’autres termes, que vingt-trois millions neuf cents mille hommes ne sont qu’un hasard et un accessoire dans la totalité de vingt-quatre millions d’hommes. ) »

— Milord Hervey, voyageant dans l’Italie et se trouvant non loin de la mer, traversa une lagune dans l’eau de laquelle il trempa son doigt : « Ah ! ah ! dit-il, l’eau est salée ; ceci est à nous. »

— Duclos disait à un homme ennuyé d’im ser- mon prêché à Versailles : « Pourquoi avez-vous entendu ce sermon jusqu’au bout ? — J’ai craint de déranger l’auditoire et de le scandaliser. — Ma foi, reprit Duclos, plutôt que d’entendre ce ser- mon, je me serais converti au premier point. »

— M. d’Aiguillon, dans le temps quil avait