Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/94

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DE CHAMFORT. 83

îe roi entra dans une colère épouvantable. « Eh l)ien ! dit le cocher, c’est un malheur ; et vous - n’avez-vous jamais perdu une bataille ? «

— M. deChoiseul-Gouffier, voulant faire, à ses frais, couvrir de tuiles les maisons de ses paysans exposées à des incendies, ils le remercièrent de sa bonté, et le prièrent de laisser leurs maisons comme elles étaient, disant que, si leurs maisons étaient couvertes de tuiles au lieu de chaume, les subdélégués augmenteraient leurs tailles.

— Le maréchal de Villars fut adonné au vin, même dans sa vieillesse. Allant en Italie, pour se mettre à la tête de l’armée dans la guerre de 1 734, il alla faire sa cour au roi de Sardaigne, tellement pris de vin qu’il ne pouvait se soutenir, et qu’il tomba à terre. Dans cet état, il n’avait pourtant pas perdu la tête, et il dit au roi : « Me voilà porté tout naturellement aux pieds de votre majesté. »

— Madame Geoffrin disait de madame de la Ferté-Imbaut, sa fille : « Quand je la considère, je suis étonnée comme une poule qui a couvé un œuf de canne. »

— Le lord Rochester avait fait, dans une pièce de vers, l’éloge de la poltronnerie. Il était dans un café ; arrive un homme qui avait reçu des coups de bâton sans se plaindre ; Milord Rochester, après beaucoup de complimens, lui dit : « Mon- sieur, si vous étiez homme à recevoir des coups de bâton si patiemment, que ne le disiez-vous ? je