Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/95

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84 OEIJVRES

VOUS les aurais donnés, moi, pour me reniettro en crédit. »

— Louis XIV se plaignant, chez madame de Maintenon, du chagrin que lui causait la division des évéques : « Si l’on pouvait, disait-il, ramener les neuf opposans, on éviterait un schisme ; mais cela ne sera pas facile. — Eh bien ! sire, dit en riant madame la duchesse, que ne dites-vous aux qua- rante de revenir de l’avis des neuf? ils ne vous refuseront pas. »

— Le roi, quelque temps après la mort de Louis XV, fit terminer, avant le temps ordinaire, un concert qui l’ennuyait, et dit : « Voilà assez de musique. » Les concertans le surent, et l’un d’eux dit à l’autre : « Mon ami, quel régne se prépare ! »

— Ce fut le comte de Grammont lui-même qui vendit quinze cents livres le manuscrit des Mé- moires où il est si clairement traité de fripon. Fontenelle, censeur de l’ouvrage, refusait de l’approuver, par égard pour le comte. Celui-ci s’en plaignit au chancelier, à qui Fontenelle dit les raisons de son refus. Le comte ne voulant pas perdre les quinze cents livres, força Fontenelle d’approuver le livre d’Iiamilton.

— M. de L...., misantrope à la manière de Timon, venait d’avoir une conversation un peu mélancolique avec M. de B...., misantrope moins sombre, et quelquefois même très-gai; M. de L.... parlait de M. de B. ..avec beaucoup d’intérêt, et