Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t5.djvu/286

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aSo or.uvRES

nue un amas de bile , ce qui m'a empèciié cFa- voir recours au quinquina. C'est la nature qui m'a guéri, comme elle eût fait avant la décou- verte du spécifique. C'est un mois de plus qu'il m'en a coûté , et un mois de peines et de souf- frances , pendant lequel il m'a été impossible d'é- crire. Vous mander de mes nouvelles par une main étrangère , c'est ce c[ue je n'ai pas voidu , dans la crainte que vous ne me crussiez mort : et d'ail- leurs^ je suis d'une stupidité rare pour dicter.

Je passe , mon ami , à un autre article dont je vous ai déjà touché cjuelque chose. C'est le projet d'aller vous trouver en Provence.

Quand il n'y aurait eu d'obstacle que ma ma- ladie, il ne pouvait s'effectuer, et ne le pourrait même encore qu'au mois de décembre : encore cela ne serait-il possible que dans le cas où j'aurais un compagnon pour aller en chaise de poste : car d'allerjpar les voitures publiques dans cette sai- son , c'est ce qui me serait aussi difficile qu'un pèlerinage dans le Sirius. Mais , mon ami , il y a d'autres obstacles encore plus grands : ce sont ceux qui naissent de* ma nouvelle position.

Vous avez peut-être lu, dans les papiers pubhcs, qu'on a obtenu pour moi la place de secrétaire du cabinet de madame Elisabeth , sœur du roi : cette place vaut deux mille francs ; et quoiqu'elle ne m'enrichisse pas pour ce moment-d, puisque, dans la maison du roi , les premières échéances ne se payent qu'à un terme fort reculé , il n'en

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