Page:Champlain - Oeuvres de Champlain publiées sous le patronage de l'Université Laval, Tome 1, 1870.djvu/19

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Après la mort du sieur Chauvin, M. de Chaste, ayant obtenu une nouvelle commission, chargea Pont-Gravé de la conduite d’un premier voyage d’exploration, « pour en faire son rapport, et donner ordre ensuite à un second embarquement, » auquel il se joindrait lui-même en personne, décidé à consacrer le reste de ses jours à l’établissement d’une bonne colonie chrétienne dans cette partie du nouveau monde.

« Sur ces entrefaites, dit Champlain, je me trouvai en cour, venu fraîchement des Indes-Occidentales[1]. Allant voir de fois à autre le sieur de Chaste, jugeant que je lui pouvais servir en son dessein, il me fit cette faveur, comme j’ai dit, de m’en communiquer quelque chose, et me demanda si j’aurais agréable de faire le voyage, pour voir ce pays, et ce que les entrepreneurs y feraient. »

Pareille démarche, de la part d’un homme de l’âge et de l’expérience du commandeur de Chaste, était un témoignage bien flatteur de l’estime qu’il faisait de son mérite.

À cette demande, Champlain, à qui le roi avait depuis peu assuré une pension, répondit au commandeur que cette commission lui serait très-agréable, pourvu que Sa Majesté y donnât son consentement ; ce que M. de Chaste se chargea volontiers d’obtenir. M. de Gesvre, secrétaire des commandements du roi, lui expédia en forme une lettre d’autorisation, « avec lettre adressante à Pont-Gravé, pour que celui-ci le reçût en son vaisseau, lui fît

  1. M. de Chaste dut commencer à s’occuper de son entreprise dès 1602, et Champlain ne fut probablement de retour en France que vers le commencement de cette même année.