Page:Champlain - Oeuvres de Champlain publiées sous le patronage de l'Université Laval, Tome 1, 1870.djvu/47

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Le soir, dans un conseil, Champlain proposa de construire, pour le lendemain, un cavalier, du haut duquel les arquebusiers français auraient plus d’avantage à tirer, et une espèce de mantelet pour protéger les assaillants contre les flèches et les pierres lancées de dessus les palissades.

Quelques-uns voulaient qu’on attendît le renfort des Carantouanais ; mais l’auteur, voyant que l’armée alliée était assez forte pour emporter la place, craignant d’ailleurs qu’un retard ne donnât aux ennemis le temps de se fortifier davantage, fut d’avis qu’on livrât de suite un second assaut.

L’indiscipline des sauvages fit tout manquer ; il fallut songer à la retraite. Champlain avait reçu deux blessures à la jambe et au genou.

Quand les alliés furent de retour au lac Ontario, Champlain demanda qu’on le reconduisît à Québec. Mais les Hurons, qui avaient intérêt à le garder avec eux, firent en sorte qu’il n’y eût point de canot disponible ; et il dut se résigner à passer l’hiver en leur pays.

L’armée fut de retour à Cahiagué dans les derniers jours de décembre. Champlain, après s’être reposé quelques jours chez son hôte Darontal (ou Atironta), se rendit à Carhagouha pour y revoir le P. le Caron. Ils partirent tous deux ensemble le 15 février, et allèrent visiter la nation du Petun (les Tionnontatés), qui demeuraient plus au sud-ouest. De là, ils poussèrent jusqu’au pays des Andatahouat ou Cheveux-Relevés, et, si on ne les en eût détournés, ils voulaient se rendre jusqu’à la nation Neutre (les Attiouandaronk).