Page:Champlain - Oeuvres de Champlain publiées sous le patronage de l'Université Laval, Tome 1, 1870.djvu/51

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fonction de ma charge ; lequel arrêt je leur fais signifier en pleine bourse de Rouen.»

Le prince de Condé ne pouvait guère s’occuper de la Nouvelle-France ; il céda facilement tous ses titres au duc de Montmorency. Champlain, qui avait contribué à cette transaction[1], fut nommé son lieutenant, et se disposa à partir avec sa famille (1620). La compagnie, voyant ce changement d’un mauvais œil, suscita encore de nouvelles tracasseries au sujet des pouvoirs qu’il devait exercer. Mais il n’eut qu’un mot à écrire au nouveau vice-roi ; les associés reçurent un ordre formel et absolu du roi, de se désister de leurs poursuites.

Champlain partit enfin vers le 8 de mai, et arriva au moulin Baudé, après une traverse de deux mois. Son beau-frère, Eustache Boullé, fut agréablement surpris et étonné de voir que sa sœur avait eu le courage de braver les fureurs de l’Océan, pour venir se fixer dans un pays encore sauvage et dénué de tout.

Le 11 juillet, Champlain partit de Tadoussac pour monter à Québec, où, en arrivant, il «se rendit à la chapelle, pour y rendre grâces à Dieu de l’avoir préservé, lui et sa famille, de tous les dangers d’un si long et si pénible voyage.» Le lendemain, après la messe, un des Pères fit une exhortation de circonstance, et, au sortir de la chapelle, on lut publiquement les lettres de commission royale, et celles du vice-roi. «Chacun cria : Vive le roi ; le canon fut tiré en signe d’allégresse, «et ainsi, dit Champlain, je pris possession de l’habita-

  1. Édit, 1632, première partie, p. 327.