Page:Champlain - Oeuvres de Champlain publiées sous le patronage de l'Université Laval, Tome 1, 1870.djvu/50

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raient que ce dernier serait plus souple et plus traitable. Champlain leur répondit que, comme lieutenant-général du vice-roi, il avait l’autorité sur tous les hommes de l’habitation ; qu’il l’exerçait partout, excepté dans leur magasin, où était placé leur premier commis ; que le sieur de Pont-Gravé était son ami, qu’il le respectait comme son père, à cause de son âge, mais qu’il ne lui céderait jamais aucun de ses droits[1] ; «qu’il n’entendait faire le voyage qu’avec la même autorité qu’il avait eue auparavant ; autrement, qu’il protestait tous dépens, dommages et intérêts contre eux, à cause de son retardement.»

La-dessus, il leur présenta une lettre dans laquelle le roi insistait sur l’exécution de ce qu’ils avaient promis, et leur marquait sa volonté expresse que la compagnie fournît à Champlain ce qui lui serait nécessaire, tant pour l’habitation, que pour les découvertes.

Les marchands s’obstinèrent, et Champlain, qui s’était préparé à passer au Canada avec sa famille, se vit contraint de retourner à Paris, après avoir fait sa protestation. «Nous voilà à chicaner», dit-il ; et, avec son activité et son énergie ordinaires, il se rend à Tours, pour y suivre l’affaire devant le conseil. «Après avoir bien débattu, ajoute-t-il, j’obtiens un arrêt de messieurs du conseil, par lequel il était dit que je commanderais tant à Québec, qu’autres lieux de la Nouvelle-France, et défenses aux associés de me troubler ni empêcher en la

  1. Ferland, Cours d’Hist. du Canada.