Page:Champlain - Oeuvres de Champlain publiées sous le patronage de l'Université Laval, Tome 1, 1870.djvu/73

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à bord du vaisseau anglais, demanda à lui parler. On fait ouvrir les panneaux, et Kertk, d’un ton un peu embarrassé, dit à l’auteur : «Assurez-vous que si l’on tire du vaisseau, vous mourrez. Dites-leur qu’ils se rendent ; je leur ferai pareil traitement qu’à votre personne ; autrement, ils ne peuvent éviter leur ruine, si les deux pataches arrivent plus tôt que la composition ne soit faite.» — «Il vous est facile, répondit Champlain, de me faire mourir en l’état que je suis. Vous n’y auriez pas d’honneur, en dérogeant à votre promesse et à celle de votre frère. Je ne puis commander à ces personnes là, et ne peux empêcher qu’ils ne fassent leur devoir.» Il consentit néanmoins à les engager à accepter une composition équitable ; ce qui se fit fort à propos, car, un moment après, les deux pataches arrivaient sur eux. Kertk leur fit défense de rien faire au vaisseau français.

«L’exécution faite, dit l’auteur, nous nous en allâmes à la rade de Tadoussac, trouver le général Kertk.» Celui-ci, content de cette prise, fit à Champlain un fort bon accueil.

Pendant son séjour à Tadoussac, Champlain eut occasion de faire de sévères remontrances aux perfides truchements Étienne Brûlé, Nicolas Marsollet et quelques autres, en particulier au traître Jacques Michel, qui s’était vendu aux Anglais, et s’était chargé de les piloter dans le fleuve.

L’amiral David blâma fortement son frère Louis, d’avoir donné si facilement le certificat que lui avait demandé Champlain, et qui contenait l’inventaire de tout ce qui avait été trouvé à l’habitation de