Page:Chaptal - Chimie appliquée à l’agriculture, Tome 1.djvu/114

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
48
CHIMIE

bine avec son oxigène : ces combinaisons seraient promptes si ces deux substances n’étaient pas liées, empâtées, et pour ainsi dire fondues et incorporées avec d’autres, qui, n’ayant pas la même affinité avec l’air, s’opposent à son action : il faut donc faire intervenir un autre agent qui rompe cette aggrégation intime, et cet agent est l’eau.

L’eau mouille fréquemment la surface des roches et y séjourne plus ou moins long-temps ; elle pénètre peu dans la masse, mais enfin elle humecte la première couche et doit s’insinuer insensiblement dans les fissures ; lorsque le froid la convertit en glace, celle-ci disjoint et rompt la cohésion des premières molécules ; elle donne ainsi accès à l’action de l’air, qui combine ses principes avec la chaux et l’oxide de fer : dès ce moment la surface de la roche a changé de nature, et les progrès de sa décomposition deviennent plus rapides. Alors les lichens ou les mousses peuvent se fixer sur la surface des roches, et ils en continuent l’altération ; leurs racines déliées s’insinuent dans les pores et les fissures ; elles en font éclater les parois par l’effort continu qu’elles