Page:Chaptal - Rapport et projet de loi sur l’Instruction Publique.djvu/16

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
(14)

conservent, mais elles ne perfectionnent ni n’inventent.

Le second vice qu’on peut reprocher aux corporations, c’est celui d’enseigner, comme vérités, les opinions consacrées par une longue tradition dans l’école.

Le troisième, et peut-être le plus grand de tous, c’est celui de commander despotiquement à la croyance des élèves dans les sciences comme dans la morale ; de ne jamais proposer le doute, qui seul excite et développe les facultés de l’entendement. Ce systême de contrainte et de tyrannie dérivait naturellement de l’usage consacré par plusieurs siècles, qui avait fait de l’enseignement l’apanage exclusif des prêtres. Ainsi, au lieu de laisser à l’entendement humain cette extension de liberté qui le porte sans cesse vers le perfectionnement, et le rend capable des plus grands efforts, les instituteurs éteignaient avec soin, ou condamnaient avec humeur les élans de l’imagination, les inquiétudes du génie, qui cherchent l’appui des vérités jusque dans le vague des préjugés ou des erreurs.

Cependant, le systême de l’enseignement, le mécanisme de l’instruction, étaient si bien organisés dans ces écoles, qu’on y contrac-