Page:Chaptal - Rapport et projet de loi sur l’Instruction Publique.djvu/28

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L’expérience a prouvé que la somme modique de 24 francs, exigée de chaque élève par la loi du 3 brumaire an 4, n’a pas pu être perçue, et a rendu les écoles désertes. D’ailleurs, là où se trouve le premier intérêt de l’État, doivent disparaître toutes les petites considérations d’une économie déprédatrice. Tarir les sources de l’instruction, ou, ce qui revient au même, ne pas l’offrir à tous, c’est couper les veines du corps politique ; c’est éteindre tout principe d’action, tout moyen de perfectionnement. Ne pas rendre l’instruction première gratuite, c’est imposer le père de famille à la décharge du célibataire ; c’est frapper la population jusque dans son germe ; c’est donner le scandale de la démoralisation.

Eh ! qu’on ne dise pas qu’en rendant ces secondes études faciles, on peut enlever à l’agriculture et aux ateliers les bras dont ils ont besoin. Non, outre que ces institutions sont toutes dans les villes, les dépenses d’entretien, inséparables d’une telle éducation, en éloigneront toujours les enfans des artisans dont les forces s’appliquent de bonne heure, avec avantage, aux travaux du métier de leurs pères. D’ailleurs, nous avons pour nous l’expérience des colléges, où,