Page:Chaptal - Rapport et projet de loi sur l’Instruction Publique.djvu/4

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Ce n’est qu’au onzième siècle qu’on commença à cultiver les arts libéraux : mais leur étude fut exclusivement réservée à la noblesse et au clergé.

Vers la fin de ce même siècle, parurent en France les ouvrages d’Aristote : ils furent successivement étudiés, proscrits et brûlés.

Alors furent jetés les premiers fondemens de cette fameuse Université, qu’on a vue tour-à-tour protectrice ou tyran des arts, selon ses craintes, son ambition ou ses intérêts. Ce ne fut, jusqu’au quatorzième siècle, qu’un corps de maîtres ambulans, dévoués aux volontés du grand pontife, et toujours prêts à lui sacrifier leurs opinions et leur patrie.

La théologie, le droit civil et la médecine, furent long-temps les seuls objets des études publiques. Cependant les collèges s’établissaient peu à peu ; et quoiqu’ils ne formassent, dans le principe, que quelques séminaires où l’on élevait les jeunes gens destinés au service des autels, l’habitude de la réflexion, le résultat de la discussion, laissaient pénétrer dans ces écoles le doute et l’incertitude, et préparaient la chute de