Page:Charbonneau - Fontile, 1945.djvu/115

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


CHAPITRE XII


Dans un bal, je sécrétais de la solitude. Celle-ci me patinait un peu, puis s’épaississant, finissait, en laissant à mes mouvements toute leur liberté, par me retirer de tout ce qui m’entourait.

Je n’en continuais pas moins à danser ou à prendre part à la conversation, mais avec une sensation de vide, d’inutilité, presque de sacrilège.

Lorraine, naguère, avait constaté cette faculté de retrait. « À certaines heures, m’avait-elle dit, vous vous retirez des êtres. Vous n’êtes pas indifférent, vous dépassez l’indifférence. Vous retirez votre grâce et alors vous êtes le plus délicat et le plus cruel des hommes. »

D’autre part, les fêtes mondaines m’attiraient. Si j’avais été incapable de danser ou si je n’avais pas été reçu, j’aurais été malheureux, bien moins dans mon amour-propre que d’être frustré des