Page:Charbonneau - Fontile, 1945.djvu/119

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intentions, des messages discrets, des appels… Le présent m’échappait.

Tout à coup, me demandait-elle, presque avec indifférence, le nom du jeune homme qui dansait avec Céline Barrois, je me croyais perdu, supplanté, oublié. Je regrettais de l’avoir par mon imprudence rapproché de ce monde élégant, où mon prestige était contrebalancé, où ma situation n’inspirait aucune envie. Je devenais jaloux d’André Laroudan et je devais me retenir d’inventer des calomnies qui le lui fissent mépriser.

Puis elle me serrait la main. Je ne pouvais repaître mes regards de ses yeux aux eaux si denses, dont la surface seule était allumée par le plaisir. Son visage me plongeait dans le ravissement. Je supputais que toutes les années qui me restaient à vivre ne seraient pas assez nombreuses pour épuiser le plaisir que me donnait la vue de son oreille ou de cette mèche qui la cachait en partie.

Depuis que je voyais Armande rire des propos d’André, de ce rire qui ressemblait à une com-