Page:Charbonneau - Fontile, 1945.djvu/120

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plicité, il me venait des doutes, dont j’avais honte. J’aurais voulu m’enfuir, les laisser là tous les deux. Quand nos regards se rencontraient, la jeune fille retrouvait toute sa grâce pour me sourire. Et aussitôt, mes doutes se résorbaient.

Nous dansâmes jusqu’au matin. Armande n’avait jamais été aussi heureuse. Au dehors, un brouillard enveloppait la maison et rendait le jardin inaccessible. Par les fenêtres on apercevait les arbres, entourés de nuées de vapeurs denses…


La vie sentimentale de Bonneville n’avait pas jusque-là retenu mon attention. Je supposais que son éducation catholique, à peu près identique à la mienne, l’avait tenu, comme moi, à l’écart de toute aventure sexuelle. Les plaisanteries qu’il avait risquées en ma présence devant la petite Chamel étaient si peu conformes au côté que je connaissais de son caractère que j’en avais aussitôt chassé le souvenir, ne pouvant les accorder à ce que je savais de lui. Dans ses dif-