Page:Charbonneau - Fontile, 1945.djvu/131

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On apercevait, à travers les rideaux, un rayon jaune.

— Annette m’a attendue…

Elle enlevait son gant pour ne pas en maculer le chevreau en ouvrant la porte. Je voulus prendre sa clef.

— Non, Julien, il faut nous quitter ici. Ma cousine nous épie derrière les rideaux.

Je voulais la voir entrer.

— Vous pouvez me regarder monter l’escalier. Dès que j’aurai fermé la porte, vous partirez.

En parlant, elle fit un mouvement sur elle-même et appuya le flot de ses cheveux contre ma bouche. Je restai sur place, environné de légers effluves que le froid dissipait. Elle tournait le bouton de la porte et la seconde d’après, j’étais seul.


Les Aquinault habitaient une grande maison délabrée, un peu russe d’atmosphère, dont la pièce principale, au rez-de-chaussée, avait été