Page:Charbonneau - Fontile, 1945.djvu/61

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CHAPITRE VI


Rien ne me retenait plus à la ville. La veille de mon départ, je voulus dire adieu à Daniel de Vaux, le seul camarade de Fontile que je n’avais pas cessé de revoir. Nous avions évolué dans des cercles différents. Il s’intéressait aux sciences, moi, à la littérature. Je lui avais lu mes premiers poèmes qu’il avait jugés amphigouriques.

Nous célébrâmes mon départ par un dîner fin dans un grand restaurant. Daniel m’apprit que Georges Lescaut était entré au monastère de Deux-Villes. Je fus peiné que Georges n’ait pas cru devoir m’annoncer lui-même cette décision. Devant sa porte Daniel m’invita à monter un instant à sa chambre. Mais en évoquant cette pièce exiguë, la fausse cheminée ornée d’un petit cartel aux aiguilles dorées et d’un portrait de femme, le plafonnier poussiéreux qui jetait une lumière jaunâtre sur la courtepointe rouge, les