Page:Charles Perrault - Les Contes des fees, edition Giraud, 1865.djvu/104

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prit, ſi on examine bien ces Contes, on verra que je ne fuis pas auſſi blâmable que je le parois d’abord. Ils renferment tous une morale très-ſenſée, & qui ſe découvre plus ou moins, ſelon le degré de pénétration de ceux qui les liſent. D’ailleurs, comme rien ne marque tant la vaſte étendue d’un eſprit, que de pouvoir s’élever en même temps aux plus grandes choſes & s’abaiſſer aux plus petites, on ne fera point ſurpris que la même princeſſe, à qui la nature & l’éducation ont rendu familier ce qu’il y a de plus élevé, ne dédaigne pas de prendre plaiſir à de ſemblables bagatelles. Il eſt vrai que ces Contes donnent une image de ce qui ſe paſſe dans les moindres familles, où la louable impatience d’inſtruire les enfans fait imaginer des hiſtoires dépourvues de raiſon, pour s’accommoder à ces mêmes enfans, qui n’en ont pas encore ; mais à qui convient-