Page:Charles Perrault - Les Contes des fees, edition Giraud, 1865.djvu/119

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


ne doit pas s’en estonner : elle avoit eu le temps de songer à ce qu’elle auroit à luy dire, car il y a apparence (l’histoire n’en dit pourtant rien)que la bonne fée, pendant un si long sommeil, lui avoit procuré le plaisir des songes agreables. Enfin, il y avoit quatre heures qu’ils se parloient, et ils ne s’estoient pas encore dit la moitié des choses qu’ils avoient à se dire.

Cependant tout le palais s’estoit réveillé avec la princesse : chacun songeoit à faire sa charge ; et, comme ils n’estoient pas tous amoureux, ils mouroient de faim. La dame d’honneur, pressée comme les autres, s’impatienta, et dit tout haut à la princesse que la viande estoit servie. Le prince aida la princesse à se lever : elle estoit tout habillée, et fort magnifiquement ; mais il se garda bien de luy dire qu’elle estoit habillée comme ma mere grand et qu’elle avoit un collet monté ; elle n’en estoit pas moins belle.

Ils passerent dans un salon de miroirs, et y souperent, servis