Page:Charles de Brosses - Lettres familières écrites d’Italie - ed Poulet-Malassis 1858.djvu/11

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LE PRÉSIDENT
CHARLES DE BROSSES


Voltaire, Rousseau, Montesquieu, Diderot, sont les gloires classiques du xviiie siècle. Au-dessous de ces noms consacrés, le public ne connaît plus que de petites célébrités de salon ou de boudoir, de jolies têtes frivoles, aimables ou libertines, dont le souvenir voltige gaiement au milieu des peintures de Boucher ou de Watteau. Entre les grands appartements où trône Voltaire, et le voluptueux réduit où babille Crébillon fils, il y a pourtant une assez belle galerie où l’on est heureux de rencontrer une demi-douzaine de gens sérieux à l’air léger, des savants d’agrément, des philosophes du beau monde, qui ne professent pas la doctrine, mais qui en causent à ravir. C’est dans cette galerie qu’on peut faire connaissance avec l’Hamilton du xviiie siècle, avec le président Charles De Brosses !

Il est là sans hermine et sans mortier ; il ne se compose pas pour figurer solennellement à la messe rouge, et le rouleau de papier qu’il tient à la main, loin de renfermer une sévère collection d’arrêts ou de remontrances, ne consiste qu’en une cinquantaine de lettres familières, écrites d’Italie. Cinquante lettres, pas davantage ! Des feuilles volantes qui valent mieux que de gros livres, et que la postérité a recueillies précieusement dans le coin le plus élégant de son musée littéraire.