Page:Charles de Brosses - Lettres familières écrites d’Italie - ed Poulet-Malassis 1858.djvu/324

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assurer, si la couche étoit de pierres de roche vive et franche. Comme elle n’est au contraire qu’un tuf pierreux, qui ne diffère de la couche supérieure que par sa plus grande densité, il est fort possible qu’il reste au-dessous plusieurs autres couches alternatives de laves et de terre pierreuse encore plus dense.

Total des onze couches, quatre-vingt-un siècles, au lieu de quarante-deux, comme le prétend Bianchini, même en supposant qu’il n’y auroit plus de couches de lave inférieures à celles-ci, et qu’à toutes les éruptions l’écoulement de la lave est toujours tombé dans cet endroit-ci, ce qui n’est ni possible ni vraisemblable.


LETTRE XXXV

À MM. DE L’ACADÉMIE ROYALE DES INSCRIPTIONS
ET BELLES-LETTRES


Mémoire sur les antiquités d’Ercolano.
20 novembre.


Messieurs, peu après vous avoir envoyé le mémoire que vous m’aviez fait l’honneur de me demander sur les antiquités d’Ercolano, et l’état actuel du mont Vésuve, j’ai reçu l’ouvrage de M. Venuti, publié depuis sur la même matière. Il contient un détail très-curieux que je voudrois avoir vu plus tôt. Le mémoire, dont vous avez bien voulu faire lecture à la rentrée publique de nos séances, auroit été beaucoup mieux circonstancié, et plus rempli de choses intéressantes ; mais j’ai eu la satisfaction de voir que, si ma mémoire ne m’avoit rappelé qu’un petit nombre de circonstances, elle m’avoit du moins fidèlement servi dans celles dont j’ai fait le récit. Personne n’est mieux en état de parler des antiquités découvertes à Ercolano que M. le chevalier Marcello Venuti, gentilhomme de Cortone, alors lieutenant de vaisseau à Naples et antiquaire du roi. Ce fut lui qui eut la complaisance, en 1739, de me montrer quelques-unes des choses que