Page:Charnacé - Musique et Musiciens, vol2, 1874.djvu/104

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l’apparence de l’esprit ; M. Wagner nous ayant, sur ce point, d’ailleurs, fort prudemment devancé.

Suivant lui donc, l’opéra moderne est non-seulement le résultat d’une erreur, ce qu’on pourrait littéralement comprendre en usant d’une extrême complaisance, mais il est lui-même une erreur flagrante ; et notre fougueux critique veut que cette erreur disparaisse « si nous ne voulons point sombrer dans une méprisable imbécilité. »

Ce sont là ses expressions propres. Il a jeté cette injure inepte et grossière à la face de toutes les majestés de l’art classique ; il a barbouillé de cette lie tudesque les bustes de marbre pur qui ornent les frontons de tous les monuments élevés à la gloire de la musique et qui peuplent, comme autrefois les dieux de l’Olympe, ce paisible et rayonnant empire de l’idéal parfait et de l’inspiration candide dont jamais il n’approchera lui-même et qu’il ne saurait même entrevoir. Il a écrit ces lignes, et les souvenirs de son éducation musicale ne sont point revenus un à un, paisibles mais éloquents fantômes, témoigner qu’il niait l’évidence qu’il niait le soleil, qu’il niait la lumière et que l’évidence, le soleil et la lumière se vengeaient en