Page:Charnacé - Musique et Musiciens, vol2, 1874.djvu/106

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


tions, certaines idées, certains sentiments qui débordent de son âme — et il définit aussi la musique le moyen de l’expression. Or, comme ses devanciers ont confondu, selon lui, le but et l’expression... voilà pourquoi votre fille est muette. Voilà pourquoi Don Juan ne vaut pas le Vaisseau-Fantôme et comment il se fait que M. Wagner est le plus grand musicien, théoricien, praticien et esthétitien des temps passés, présents et futurs.

En langage omins pédantesque, M. Wagner signifie au monde musical que de telles audaces laissent assez froid, du reste, que dans Topera le drame n’a été jusqu’ici qu’un prétexte à musique et que la musique n’a pas été l’expression véritable des drames qu’elle était destinée à rendre sensibles.

Ainsi Lulli, Rameau, Gluck, Mozart, Beethoven Weber, Spontini, Chérubini, Meyerbeer ont tous versé lamentablement dans l’erreur ; et chez Meyerbeer principalement, l’auteur des Huguenots, cette œuvre où la musique vit du drame comme l’écorce de l’arbre, au dire de M. Wagner, l’erreur devient plus saisissable encore dans son