Page:Charnacé - Musique et Musiciens, vol2, 1874.djvu/147

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tandis que la musique doit, par son propre pouvoir, produire tout l’effet.

L’intention de vouloir se donner soi-même comme dramatique et caractéristique, ne pouvait que défigurer la musique dans sa nature réelle, et du moment que la musique ne veut pas seulement concourir à atteindre on but élevé, mais agir seule, cette nature ne pouvait se manifester que dans la mélodie qui est l’expression d’un sentiment général.

Les succès indéniables de Rossini durent faire comprendre cela à tout le monde. Si quelques musiciens avaient encore une objection, cette objection consisterait uniquement à considérer le caractère de la mélodie, non-seulement comme superficiel, mais comme n’épuisant pas l’essence de la mélodie en général. À ces musiciens revenaient la tâche artistique de donner à la toute-puissante mélodie l’expression du sentiment humain, qui lui appartient en propre, et à résoudre ce problème. Ils remontèrent jusqu’à la source où l’air avait puisé son existence artificielle, et restaurèrent la musique primitive de la chanson populaire [1].

  1. Dès le début, on voit où M. Wagner en veut venir : Prouver que les plus grands génies de la musique n’ont fait que lui fournir les motifs d’une réforme dont il se fait le chef, oubliant qu’il n’est que le continuateur d’Hector Berlioz. (Note du traducteur).