Page:Charnacé - Musique et Musiciens, vol2, 1874.djvu/170

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Weber, en revenant au peuple pour trouver la mélodie et en rencontrant dans la nation allemande l’heureuse qualité du sentiment naïf sans restriction d’aucun caractère particulier et national, avait indiqué, aux compositeurs dopera, en général, une source qu’ils cherchèrent partout où leurs yeux pouvaient pénétrer, comme une fontaine presque inépuisable.

Ce furent d’abord les compositeurs français qui songèrent à cultiver le chou (sic), plante indigène de leur pays. Depuis longtemps le eouplet spirituel ou sentimental régnait chez eux sur les scènes populaires. Le couplet est gai de sa nature. S’il se prête quelquefois à l’expression sentimentale, il ne se prête jamais au sentiment tragique ou passionné. Il avait donc imprimé son caractère au genre dramatique dans lequel il fut employé d’une manière prédominante. Le Français n’est pas en état de faire passer entièrement ses impressions dans la musique. Lorsque son excitation s’élève jusqu’à lui faire concevoir une expression musicale, il faut cependant encore qu’il puisse, en même temps, parler ou au moins danser. Où le couplet cesse, la contredanse commence. En dehors de ces conditions, il n’y a plus pour lui de musique.