Page:Charnacé - Musique et Musiciens, vol2, 1874.djvu/195

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C’est ainsi qu’il a montré à la critique d’art l’aptitude de la musique à la caractéristique historique, et qu’il arriva même à se faire dire, sur un ton de fine flatterie, que le texte de ses opéras était pitoyable, mais « qu’il s’entendait même à broder sur la plus misérable étoffe. » De la sorte, on avait obtenu le triomphe complet de la musique. Le compositeur avait ruiné le poëte de fond en comble, et sur les décombres de la poésie d’opéra, on couronna le musicien comme étant « le véritable poëte ! »

Le secret de la musique de Meyerbeer, c’est l’effet. Pour bien comprendre ce que nous entendons par ce mot, il est important de remarquer que nous ne nous servons pas ici de la véritable expression allemande.

Dans notre langue, l’idée exprimée par le mot wirkung, implique nécessairement celle d’une cause préexistante. Mais, comme dans le cas présent, nous doutons qu’il existe une pareille relation, ou plutôt comme nous sommes certains qu’elle n’existe pas, nous éprouvons alors quelque embarras à trouver un mot qui rende exactement l’impression que nous produit la musique de Meyerbeer. C’est pour cela que nous employons un mot étranger,