Page:Charnacé - Musique et Musiciens, vol2, 1874.djvu/209

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pour l’homme profondément ému, pour l’artiste fatalement égaré, qui, animé des transports d’une pythonisse en délire, dut faire sur l’auditeur curieux, qui ne le comprenait pas, précisément parce que l’inspiré ne pouvait pas s’en faire comprendre, l’effet d’un fou de génie.

Dans les œuvres de la seconde moitié de sa vie artistique, Beethoven ne peut pas être entendu, ou plutôt il est mal compris là précisément où il veut exprimer très-clairement un sujet particulier et individuel. Il dédaigne, ce qui, dans la musique absolue d’après certaines conventions, est reconnu comme intelligible, c’est-à-dire toute chose qui, par la forme et l’expression, présente une analogie reconnaissable avec la mélodie du chant et de la danse. Il parle une langue qui ressemble souvent à un capricieux effet de l’humeur, toute chose qui, n’appartenant pas à un ensemble purement musical, n’est reliée que par l’intention pratique, intention que la musique ne pouvait pas exprimer avec la clarté de la poésie.

Les principales œuvres de Beethoven appartenant à cette époque doivent être considérées comme des