Page:Charnacé - Musique et Musiciens, vol2, 1874.djvu/214

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Ce fut dans ce Paris qui accueille toutes les tendances artistiques qu’un Français, doué d’une intelligence musicale peu commune, suivit la direction dont nous venons de parler jusqu’en ses dernières extrémités. Hector Berlioz est le rejeton immédiat et énergique de Beethoven du côté que celui-ci abandonna lorsqu’il passa, ainsi que je l’ai expliqué, de l’esquisse au tableau véritable. Les coups de plume vifs, tranchants et hâtivement jetés sur le papier, dans lesquels Beethoven dessinait rapidement et sans choix ses essais pour trouver de nouveaux moyens d’expression, devinrent l’héritage presque unique du disciple avide de curiosités. Beethoven avait-il pressenti que sa dernière symphonie serait son tableau le plus parfait, comme elle fut la dernière œuvre de ce genre sortie de sa plume ? Berlioz qui lui aussi, voulait créer de grandes œuvres, tira d’après elle ses vues personnelles, trouva dans ces tableaux du maître ses véritables impulsions, et une tendance qui, en vérité, se proposait tout autre chose que de satisfaire à l’arbitraire et à la fantaisie ?

Ce qui est certain, c’est que l’inspiration artistique de Berlioz fut le produit d’une amoureuse contemplation dans des coups de plume singulièrement