Page:Charnacé - Musique et Musiciens, vol2, 1874.djvu/245

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artistique, n’a pas donné un seul passage d’invention réelle, réussit tout à coup à trouver l’expression musicale la plus riche, la plus noble et la plus saisissante.

Je veux parler de la célèbre scène d’amour du quatrième acte des Huguenots et surtout de la mélodie si merveilleusement expressive, en sol bémol. Cette mélodie apparaît comme une fleur parfumée dans une situation saisissante, où vibrent toutes les fibres du cœur humain, où l’on se sent pris d’une douleur non sans charme, mélodie qu’on ne peut comparer qu’aux productions les plus parfaites de la musique. C’est avec une joie sincère et un véritable enthousiasme que je signale ce passage, précisément parce qu’il appartient à la véritable essence de l’art et qu’il nous permet de constater — et nous le faisons avec bonheur — que l’aptitude au véritable travail artistique peut venir au musicien le plus corrompu, lorsque celui-ci obéit à une nécessité plus forte que sa volonté personnelle et que, songeant à son propre salut, il dirige subitement ses efforts sur la voie de l’art vrai.

Mais le fait de ne pouvoir louer que des traits