Page:Charnacé - Musique et Musiciens, vol2, 1874.djvu/302

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


soir, précisément après l’exécution de cet andante, il vint me serrer cordialement la main.

Un soir, à Dresde, j’assistais avec Mendelssohn à l’exécution de la symphonie en fa de Beethoven par un orchestre que dirigeait feu le maître de chapelle Reissiger. Je croyais être tombé d’accord avec mon collègue, qui m’avait promis de ralentir la mesure à certains passages. Mendelssohn me donnait complètement raison. La symphonie commença. À la troisième phrase, je tressaillis en m’apercevant que l’on suivait le rhythme traditionnel ; mais, avant que j’eusse le temps d’exprimer mon mécontentement : « À la bonne heure ! bravo ! » me dit Mendelssohn en souriant et en balançant la tête d’un air approbateur. Ma surprise se changea en stupeur. Reissiger, au fond, pour des motifs dont je parlerai plus loin, n’était que légèrement blâmable. En revanche, la distraction de Mendelssohn, me fit soupçonner que l’appréciation de certaines choses lui échappait. Il me sembla voir s’entr’ouvrir devant moi un véritable abime de dilettantisme superficiel, un vide absolu.

Une aventure semblable à celle de Reissiger