Page:Charnacé - Musique et Musiciens, vol2, 1874.djvu/349

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nait pour faire une addition est restée traditionnelle ; il est évident que les conceptions mathématiques ne jouaient aucun rôle dans ses créations musicales. Si on le compare à Mozart, il apparaît comme un monstrum per excessum dans la direction de la sensibilité ; ce qu’il y avait chez lui d’excessif à cet égard n’était point contre-balancé par un développement parallèle de cette faculté intellectuelle qui nombre et suppute ; s’il a pu vivre, ce n’est que grâce à sa constitution, robuste jusqu’à la rudesse.

Il n’y a dans sa musique rien qui se puisse formuler mathématiquement, tandis que, chez Mozart, le mélange naïf des deux extrêmes produit parfois des effets d’une régularité presque banale. Or, cette classe de musiciens que nous avons en vue nous offre peut-être un développement monstrueux dans l’autre sens, celui de la musique purement mathématique, développement qui, à l’opposé de ce que nous avons constaté chez Beethoven, peut se concilier avec une organisation nerveuse tout à fait ordinaire. Si nos chefs d’orchestres, illustres ou non, étaient destinés, jusqu’à la fin des temps, à naître