Page:Charnacé - Musique et Musiciens, vol2, 1874.djvu/51

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que sur ses propres forces, car il y a bien longtemps que les princes, chassés par les précurseurs de la Commune, et les grands seigneurs ruinés par la Révolution lui font défaut. Il lutte envers et contre tout ; contre un public qui, en général, ne croit pas à son génie, qui lui préfère, aujourd’hui, la musique allemande, comme naguère il lui préférait l’italienne ; il lutte contre l’ignorance des directeurs de théâtres, subventionnés pour faire progresser l’art, et qui, en réalité, ne font progresser, trop souvent, que leur fortune ; il lutte contre les éditeurs, livrés à l’offenbachisme au verdisme et au schumanisme.

Oui, s’il est, en Europe, des artistes qui écrivent réellement par amour de l’art, ce sont assurément les compositeurs français auxquels on n’offre ni villas pour leurs personnes, ni théâtres pour leurs œuvres. Mais tel est l’esprit prussien, qu’il n’y a de bien dans le monde, que ce qui sort de lui. Nos lettres, nos sciences, nos arts, en un mot tout ce qui est étranger à son sol, n’acquiert à ses yeux qu’une valeur relative. Les Allemands ont même inventé un Dieu pour eux tout seuls : Ihrer alte deutsches Gott ! Et quel bon Dieu complaisant il fait !