Page:Charnacé - Musique et Musiciens, vol2, 1874.djvu/59

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SUR L’OUVERTURE[1]



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Les pièces de théâtre étaient autrefois précédées d’un prologue ; il paraît qu’on jugeait trop hardi de transporter subitement les spectateurs, des impressions de la vie quotidienne en plein monde idéal. Aussi jugea-t-on prudent de préparer cette transition par une introduction qui, par son caractère, se rattachait déjà à la nouvelle sphère de lart. Ce prologue s’adressait à la puissance d’imagination du spectateur, faisait appel à sa collaboration pour produire l’illusion désirée, racontait brièvement les événements antérieurs, et donnait un rapide aperçu des faits qui allaient suivre.

Lorsqu’on mettait toute la pièce en musique, comme dans l’opéra, on aurait dû logiquement faire chanter aussi ce prologue. Au contraire, on fit exé-

  1. Fragment traduit de l’allemand, par l’auteur de ce volume, d’après les œuvres complètes de M. Richard Wagner : Gesammelte Schriften und Dichtungen, 3e volume, chez l’éditeur Fritzch. Leipzig. 1861.