Page:Charrière - Trois femmes, 1798.djvu/287

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On croit que le chagrin empêchera qu’il ne vienne du lait à la Comtesse ; mais Josephine en a déjà ; déja elle a fait tetter les enfans, et elle a dit que s’il lui vient du lait en abondance, comme elle s’en flatte, elle demandera à les nourrir tous deux. Le Comte le sait et en est touché. Sa femme seule se désole et tient des propos dignes de son mauvais sens. On lui parle comme à un enfant sot et ridicule. Le plus beau, disent les commeres du village, sera sûrement le vôtre : laissez faire, dans quelques mois on reconnoitra la petite Excellence à sa bonne mine. Il a été fait mention aussi de la force du sang. Le sang parlera, disent les plus pédantes de nos matrones. Jusqu’ici le sang n’a dit mot au cœur de la Com-