Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t4.djvu/198

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était une espèce de pot-pourri composé de plusieurs morceaux, parmi lesquels, à ma grande satisfaction, je reconnus la chanson du roi Dagobert : cela m’encouragea et vint au secours de ma timidité. Ces fêtes se répétèrent ; une d’elles surtout eut lieu dans le grand palais du roi. Ne voulant pas en prendre le récit sur mon compte, je le donne tel qu’il est consigné dans le Morgenblatt de Berlin par madame la baronne de Hohenhausen :


« Berlin, le 22 mars 1821.
« Morgenblatt (Feuille du matin), no 70.

« Un des personnages remarquables qui assistaient à cette fête était le vicomte de Chateaubriand, ministre de France, et, quelle que fût la splendeur du spectacle qui se développait à leurs yeux, les belles Berlinoises avaient encore des regards pour l’auteur d’Atala, ce superbe et mélancolique roman, où l’amour le plus ardent succombe dans le combat contre la religion. La mort d’Atala et l’heure du bonheur de Chactas, pendant un orage dans les antiques forêts de l’Amérique, dépeint avec les couleurs de Milton, resteront à jamais gravées dans la mémoire de tous les lecteurs de ce roman. M. de Chateaubriand écrivit Atala dans sa jeunesse péniblement éprouvée par l’exil de sa patrie : de là cette profonde mélancolie et cette passion brûlante qui respirent dans l’ouvrage entier. À présent, cet homme d’État consommé a voué uniquement sa plume à la politique. Son dernier ouvrage, la Vie et la Mort du duc de Berry, est tout à fait écrit